Les Sept Lumières

Loi 2 sur sept, une retenue

Traiter le Nom de D-ieu avec respect

Des sept, c'est celle qui paraît la plus petite et qui ne l'est pas. Elle régit la seule faculté d'un être humain qui puisse traverser une pièce et changer ce que quelqu'un est. La tradition la garde si soigneusement qu'elle refuse même d'écrire le nom de la faute.

Un livre ouvert aux pages vierges, en parchemin pâle sous une faible lumière, sa tranche dorée captant une seule lueur chaude.

UnEn une phrase

Le Nom de D-ieu ne doit pas servir d'arme, d'insulte ni de remplissage, et le respect dans la parole est le premier endroit où le respect devient réel.

bénir le Nom

ברכת השםBirkat Hachem

Les mots signifient bénir le Nom, et c'est une substitution délibérée. La tradition n'a pas voulu écrire le véritable objet de la loi, qui est de le maudire, alors elle a écrit le mot contraire. L'euphémisme est lui-même l'enseignement.

DeuxD'où elle vient

Les sept lois se lisent toutes dans un unique verset adressé au premier être humain. Celle-ci se trouve dans les mots qui signifient l'Éternel, en Béréchit 2, 16.

ה׳Hachem

Dans la lecture talmudique du verset adressé au premier être humain, le Nom de quatre lettres au début du verset est l'endroit où se trouve cette loi. Remarquez que le mot hébreu Hachem, que les lecteurs pratiquants emploient en parlant, signifie lui-même le Nom : même la manière ordinaire de parler de D-ieu dans la conversation est déjà une substitution faite par égard.

Le Rambam la compte parmi les sept et la traite comme obligeant tout être humain. Le détail de la loi est exposé plus loin dans le même chapitre.

Cité : Béréchit 2, 16 ; Sanhédrin 56b ; Rambam, Hilkhot Melakhim 9, 1. Chaque référence de ce site est donnée en entier, avec son statut, sur la page des sources.

TroisCe qu'elle vous demande vraiment

  • Que le Nom ne serve pas à blesser.

    Maudire au Nom de D-ieu, invectiver quelqu'un sous ce Nom, l'invoquer pour effrayer ou humilier. La loi vise le moment où la parole devient une arme et où le Nom en est le tranchant.

  • Qu'un serment veuille dire quelque chose.

    Si vous placez votre parole sous le Nom, dans un tribunal, dans un contrat, dans une promesse à un enfant, la parole doit tenir. C'est à force de jurer à la légère sur de petites choses que meurt la capacité de jurer sur les grandes.

  • Que vous parliez du Créateur comme vous parleriez dans une pièce où Il se trouve.

    C'est-à-dire dans toutes. Ce n'est pas de la raideur et ce n'est pas de la peur. C'est la simple courtoisie que vous accordez déjà à quelqu'un de présent.

QuatreCe qu'elle ne vous demande pas

  • Elle n'interdit pas les questions.

    Discuter, se plaindre, exiger une explication, dire nettement qu'une chose est insupportable : la Bible hébraïque en est pleine et ce n'est pas le sujet de la loi. La protestation honnête adressée à D-ieu est une forme de relation, pas une rupture.

  • Elle n'interdit pas le doute.

    Vous pouvez dire à voix haute que vous ne savez pas si quelqu'un écoute. Ce n'est pas maudire. C'est constater.

  • Elle n'exige pas l'hébreu.

    Ce site écrit D-ieu avec un tiret, une pratique de respect courante. C'est une coutume et non la loi, et vous n'êtes pas obligé de l'adopter. Ce qui compte, c'est ce que fait votre parole, pas l'alphabet dans lequel elle le fait.

  • Elle ne fait pas des gros mots une affaire capitale.

    La grossièreté est une question distincte, celle de la façon dont vous souhaitez parler. Cette loi porte précisément sur le Nom retourné contre son Propriétaire ou employé pour donner du poids à un mensonge.

CinqLa couche profonde

La couche profonde

Tout ce qui précède est la loi simple. Ce qui suit est la lecture de la tradition intérieure, et cela ne remplace jamais ce qui vient en premier.

Regardez ce que la tradition a fait du titre de cette loi. Le sujet est de maudire le Nom. Le Talmud a écrit bénir à la place, et la substitution tient depuis deux mille ans. Les Sages n'ont pas voulu poser le mot vrai à côté du Nom vrai, même à l'intérieur d'une discussion sur l'interdit, dans un livre, dans une maison d'étude, dans un débat de droit.

Ce n'est pas de la pudibonderie. C'est une thèse sur le fonctionnement de la parole. Un mot n'est pas une étiquette collée du dehors sur une chose. Dans le récit hébreu de la création, le monde est fait par la parole, et par dix paroles, ce qui veut dire que dire et exister ne sont pas, tout en haut, des catégories séparées. La parole est la couture où une réalité intérieure devient une chose présente dans le monde.

Une loi sur le Nom n'est donc pas une loi de bienséance. C'est une loi sur le seul endroit où un être humain fait quelque chose de structurellement semblable à ce qu'a fait D-ieu : faire venir quelque chose dans le monde commun en le disant. Les sept lois posent une limite autour de chaque faculté par laquelle une personne pourrait consommer ce qui n'est pas à elle. Celle-ci est la limite autour de la bouche.

SixUne pratique cette semaine

Laissez une phrase non dite.

Cette semaine, rattrapez au vol une phrase qui allait employer D-ieu, ou le ciel, ou l'enfer, pour donner de la force à une colère. Ne la remplacez pas par une meilleure phrase. Laissez simplement tomber la force et dites la chose nue qui était dessous. Observez ce que cette chose nue se révèle être.

SeptLes questions qu'on pose

Pourquoi écrivez-vous D-ieu avec un tiret ?

C'est une coutume de respect, reprise du soin porté au Nom hébreu écrit, qu'on n'efface ni ne jette. Le français n'est pas l'hébreu et la coutume n'est pas exigée par la loi. Ce site la garde parce que ce soin fait partie du sujet.

Dire mon D-ieu est-il une transgression ?

Ce n'est pas ce que vise la loi. La loi porte sur la malédiction du Nom et sur le faux serment fait sous Lui. Une formule réflexe relève du soin que vous souhaitez mettre à parler, ce qui vaut la peine d'être demandé, et c'est une question plus petite que celle de cette loi.

Puis-je encore être en colère contre D-ieu ?

Oui, et vous pouvez le dire. La distance entre une colère honnête adressée à quelqu'un et une malédiction dirigée contre lui n'a rien de subtil, et vous savez déjà où elle se trouve dans toutes vos autres relations.

Et les serments au tribunal ?

Prêter serment n'est pas interdit. Le prêter à la légère, ou en prêter un que vous n'entendez pas tenir, est ce contre quoi la loi garde. Si l'on vous demande un jour de jurer d'une chose dont vous n'êtes pas sûr, la loi est du côté de votre hésitation.

Ce site ne tranche pas la loi juive et ne peut pas répondre à une question sur votre situation. La page à propos explique comment trouver quelqu'un qui le peut.

Sa place

  1. 1Reconnaître le D-ieu unique, et ne servir rien d'autre
  2. 2Traiter le Nom de D-ieu avec respect
  3. 3Ne pas assassiner
  4. 4Garder les limites du sexe et de la famille
  5. 5Ne pas voler
  6. 6Ne pas manger la chair arrachée à un animal vivant
  7. 7Établir des tribunaux de justice

Six retenues et une construction. La loi sept est la seule qui demande à une société de bâtir, et les six autres dégagent le terrain sur lequel elle se tient.